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Plage en été, septembre sur les pavés


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Pour les plus chanceux, l’été vit tranquillement ses dernières heures. Les amis et la famille sont en train de quitter la maison. Il reste encore quelques belles soirées à passer ensemble. Les touristes les plus bruyants ont enfin déserté les plages ; on en profite pour un dernier pique-nique, à peine troublé par ces satanés moustiques…

 

Dans une dizaine de jours cette insouciance aura vécu. Les premières mauvaises nouvelles arrivent par la boîte aux lettres : un PV pour un excès de vitesse sur la route des vacances, le relevé de la banque qui porte les stigmates de quelques additions un peu salées, et les impôts qui n’oublient rien ni personne.

 

Mais tout ça n’est qu’une mise en bouche ; de l’avis général, c’est en septembre que les choses sérieuses vont commencer. Si notre nouveau Président a été fâché de se faire traquer par un paparazzi lors de ses vacances marseillaises, on imagine qu’il n’appréciera pas davantage les défilés de la rentrée. On sent bien que les syndicats s’impatientent de pouvoir enfin en découdre. Notre pays est maintenant habitué à ce troisième tour de l’élection présidentielle, celui qui se passe dans la rue. A ce petit jeu, jusqu’à présent, les politiques ont toujours perdu : soit ils ont immédiatement lâché et ont ainsi condamné leur possibilité de réformer le pays pour les années à venir. Soit ils ont tenu « droit dans leurs bottes », jusqu’à ce que la situation devienne intenable. Et le premier ministre finit sacrifié, avec les belles intentions de changer la vie.

 

Avouons-le, il y a une certaine curiosité à voir comment s’en tirera le nouveau locataire de l’Elysée. Lui qui a enterré en une accélération les éléphants, les partis, les voyants de la politique qui prédisaient qu’on ne remporte pas une présidentielle sans parti, saura-t-il aussi déjouer le piège géant qui est tendu face à lui? Au- delà du spectacle qui s’annonce divertissant, le fond de la question est loin d’être anodin. Le pays semble déboussolé : tout doit changer chez les autres, mais tout doit rester comme avant pour moi. Et si possible comme avant, pendant les trente glorieuses… Le Président Macron, qui a démontré ses qualités d’équilibriste va donc devoir faire passer une loi travail donnant « en même temps » plus de souplesse aux employeurs et plus de protection aux salariés. Tout le monde sait très bien qu’en la matière il n’existe pas d’équilibre, les choses penchent nécessairement d’un côté ou de l’autre.

 

Pour tous ceux qui sont à la tête de petites entreprises, tout ce qui ira vers plus de simplicité, tout ce qui diminuera la présomption de malhonnêteté qui pèse sur les épaules d’un employeur, tout ce qui incitera à employer plutôt qu’à refuser des chantiers sera accueilli avec soulagement. Reste à savoir si le souffle de ce soulagement suffira à contrecarrer les hurlements de la rue.